laguerredessaints"La guerre des saints" de Michela Murgia, traduction Nathalie Bauer, Editions du seuil, 2013, 115 pages.

Quatrième de couverture : "Chaque année, Maurizio passe les vacances d'été chez ses grands-parents à Crabas, un village sarde. En compagnie de Giulio et de Franco Spanu, il y goûte l'amitié et la vie de la communauté qui, en ces lieux, se conjugue à la première personne du pluriel. Ensemble, ils multiplient les aventures rocambolesques dans les rues ou sur les rives de l'étang, la fronde au poing, ne se calmant qu'à la nuit tombée pour écouter les histoires de fantômes et de créatures fantastiques que distillent les vieillards, assis devant leurs portes. Mais un jour, une annonce en apparence anodine - la fondation d'une nouvelle paroisse - fait voler en éclats la sérénité des habitants, les divisant en deux factions ennemies et les plongeant dans un terrible conflit qui culminera le jour de Pâques, lors de la traditionnelle procession de la Rencontre. Enfants de choeurs, les trois amis en deviendront malgré eux les acteurs. A la fois drôle et profond, ce roman d'apprentissage, qui adopte le rythme rapide des équipées malicieuses des trois garçons, est aussi un hymne à l'amitié dont les liens sont souvent plus forts que ceux du sang."

coeur2Coup de coeur !

Mon avis : Au hasard de mes choix de lecture, me voilà à nouveau en Sardaigne. Après la déception du Milena Agus, c'est une vraie bonne surprise. J'ai choisi ce livre sans vraiment savoir à quoi m'attendre et je me suis retrouvée avec un vrai bonbon entre les mains. Un bonbon qui pétille et qui fait briller les yeux.

L'action se passe au milieu des années 80. Maurizio passe ses étés chez ses grands-parents qui habitent un petit village au coeur de la Sardaigne. Chaque année, il retrouve deux copains et les compères font les 400 coups. La première partie du livre nous plonge dans ces journées de vacances d'été qui semblent s'étendre jusqu'à ne plus avoir de fin. Tout paraît plus fort, plus intense, plus féerique et en dehors du temps. Je me suis retrouvée avec des souvenirs d'enfance plein la tête.

Ces moments d'insouciance sont troublés par la création d'une nouvelle paroisse au coeur du village. Les habitants se retrouvent alors divisés en deux entités. Le "nous" vole en éclat. Le voisin devient, du jour au lendemain, un "étranger". A l'ambiance insouciante succède une ambiance pesante. Tout le monde se regarde en chien de faïence et tout est prétexte à la provocation. Même notre groupe d'amis se retrouve impacté puisque l'un deux fait maintenant partie de la nouvelle paroisse. Du jour au lendemain tout est devenu différent...

J'ai adoré la manière dont l'auteur raconte cette histoire tirée d'une histoire réelle (l'auteur s'est inspirée de l'étude de l'anthropologue Benedetto Caltagirone "Identités sardes. Une enquête ethnographique."). J'ai particulièrement apprécié la touche d'humour qu'elle utilise pour relater cette histoire qui relève de l'absurde. Cette très agréable lecture m'a permis d'avoir le sourire aux lèvres pendant tout le temps qu'elle a duré. J'ai aimé me retrouver plongée en enfance (peut-être parce que je me suis retrouvée dans cette enfance des années 80 où tout paraissait possible et simple) et j'ai aimé l'histoire de ce village. Bref, un vrai coup de coeur !

Ma note : 9/10

108047074Je reste en Italie pour le challenge "voisins voisines 2016".