venusethottentote"Vénus & Hottentote Sarah Bartman" de Carole Sandrel, Editions Perrin, 2010, 160 pages.

Quatrième de couverture : "Qu'avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme khoi d'Afrique du Sud, pour qu'au début du XIXème siècle, on l'exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au Muséum, devant les badauds d'Angleterre et de France?

Il ne s'agissait pas seulement de l'attraction de ses fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses, prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs, mais de particularités intimes qu'elle se refusa à dévoiler jusqu'à sa mort. Alors seulement l'éminent Georges Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après prélèvements, et sans état d'âme, comme en témoigne son rapport d'autopsie aui, pendant longtemps, ne choqua personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain : "Elle était stéatopyge jusqu'à la faute..."

C'est le destin terrible de cette femme, surnommée "la vénus hottentote" et dont les "restes", presque deux cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays natal, l'Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans un récit bouleversant."

Mon avis : Dans cette étude, Carole Sandrel cherche à comprendre dans quelles circonstances, Sarah Bartman, originaire d'Afrique du Sud est arrivée en France. Cette femme est originaire du peuple khoikhoi, l'un des plus anciens d'Afrique du Sud. Née probablement autour de l'année 1789, elle meurt à Paris à la fin de l'année 1815 ou au début de l'année 1816. Arrivée en Europe par l'Angleterre, elle devient une véritable "bête de foire". Elle est présentée dans les salons, à moitié nue afin de dévoiler son postérieur aux formes généreuses. Une fois que les gens se lassent, elle va faire les beaux jours des salons parisiens. Là encore, on se bouscule pour la contempler, la toucher, la pincer et on aimerait qu'elle se dévoile encore plus malgré sa pudeur. Lorsqu'elle meurt, peu de temps après son arrivée, son corps est disséqué à la manière d'un animal. Le rapport d'autopsie réalisé par Georges Cuvier semble sortir tout droit de la science fiction. Par ce livre d'investigation, l'auteur cherche à redonner son humanité à cette femme qui a été traitée comme un animal de son vivant mais aussi dans sa mort ! Il est incroyable de se dire que morte en 1815 ou 1816, ses "restes" ont été finalement restitués à sa patrie en.... 2002. Carole Sandrel a toutes les difficultés à retrouver des informations sur les conditions du départ de Sarah d'Afrique du Sud : était-elle consentante? Avait-elle compris ce qui l'attendait en Europe? Etait-elle une esclave? Aussi, l'auteur est obligée de faire des suppositions en s'appuyant sur les éléments retrouvés.

C'est un livre qui a le mérite d'exister. Même s'il n'apporte pas toutes les réponses, il permet de dénoncer les pratiques de cette époque pas si lointaine (notamment le grand succès des zoos humains). C'est un livre important à découvrir et à partager !

Ma note : 7/10

107416690_oChallenge petit bac 2016 : Prénom : Sarah